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GB-Le Premier ministre Keir Starmer démissionne, laissant la voie libre à Andy Burnham
information fournie par Reuters 22/06/2026 à 15:50

(Actualisé avec déclarations de Burnham et Farage, contexte)

par Elizabeth Piper, Kate Holton et Sam Tabahriti

Le Premier ministre britannique travailliste Keir Starmer a annoncé sa démission lundi, cédant ainsi à la pression d'un grand nombre voix au sein de son parti pour laisser la place à Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester.

Ce dernier a facilement remporté une élection législative partiellejeudi dernier dans le nord-ouest de l'Angleterre, première étape nécessaire pour évincer Keir Starmer, notamment tenu responsable de la déroute historique du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai.

Lors d'une courte allocution devant le 10, Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, Keir Starmer a indiqué, avec des sanglots dans la voix, avoir fait part de sa décision au roi Charles III plus tôt dans la journée, ajoutant qu'il apporterait tout son soutien à son successeur.

"La question que se pose actuellement mon parti est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J'ai pris connaissance de la réponse apportée par mon groupe parlementaire à cette question, et j'accepte cette réponse de bon cœur", a-t-il dit.

Keir Starmer a précisé que la procédure visant à désigner celui qui le remplacera s'ouvrirait le 9 juillet et se clôturerait mi-juillet, tout en remerciant les membres de son parti, sa femme et ses enfants pour leur soutien.

En cas de concurrence, un nouveau dirigeant serait en place d'ici septembre. Dans le cas contraire, son entrée en fonction interviendrait dès la mi-juillet.

La voie semble donc se dégager pour Andy Burnham qui, le cas échéant, deviendra le septième Premier ministre britannique en un peu plus de 10 ans, un rythme jamais vu depuis près de deux siècles.

Surnommé le "roi du Nord", Andy Burnham est arrivé à Londres lundi pour occuper son siège de député de Makerfield et a confirmé qu'il participerait à la procédure visant à désigner un successeur à Keir Starmer.

"VOUS BRÛLEZ LES ÉTAPES"

Alors qu'il n'a pas encore détaillé son programme, il a cependant déclaré à la BBC qu'il était prématuré d'évoquer l'organisation d'élections. "Vous brûlez les étapes", a-t-il dit.

Andy Burnham a également reçu lundi le soutien de l'ancien ministre de la Santé Wes Streeting, qui avait un temps envisagé de défier l'actuel locataire du 10 Downing Street.

"Nous pourrions passer l'été à exagérer de petites divergences ou bien nous pouvons retrousser nos manches et l'aider à mettre en œuvre le changement dont notre parti et notre pays ont besoin", a-t-il écrit dans sa lettre publiée sur le réseau social X.

Le ministre chargé des marchés publics de la défense, Luke Pollard, a également apporté son soutien à Andy Burnham lundi.

Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 à la faveur d'une nette victoire du Parti travailliste aux législatives après 14 années de gouvernements conservateurs, avait dans un premier temps dit qu'il se battrait pour son poste après la victoire d'Andy Burnham dans la circonscription de Makerfield.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du chef du gouvernement au profit d'un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

Mais après des sondages montrant qu'Andy Burnham était assuré d'obtenir sans difficulté ce minimum nécessaire, de nombreuses voix s'étaient élevées au sein du Parti travailliste pour éviter cette procédure, susceptible de creuser les divisions au sein du parti.

DIXIÈME ANNIVERSAIRE DU VOTE BREXIT

Avec son ambition affichée, entre autres, de lutter contre le creusement des inégalités et de nationaliser certains services publics, Andy Burnham est vu par nombre des membres du Labour comme le mieux placé pour faire rempart à Reform UK, le parti de droite nationaliste, pro-Brexit, de Nigel Farage.

Les sondages donnent depuis un an Reform UK comme le vainqueur des prochaines élections législatives, prévues en 2029.

Nigel Farage a immédiatement réclamé l'organisation d'un scrutin national.

"J'en ai assez d'attendre. La Grande-Bretagne a besoin de changement - d'un vrai changement, pas d'un ancien politicien dépassé imposé par le parti unique", a-t-il écrit dans un communiqué.

L'annonce de la démission de Keir Starmer coïncide avec le dixième anniversaire du vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, devenue effective le 31 décembre 2020, un choc dont les conséquences, surtout en Grande-Bretagne mais aussi en Europe continentale, se font encore ressentir.

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré lundi que le sommet prévu le 22 juillet entre l'UE et le Royaume-Uni devait être reporté en raison de la démission de Keir Starmer.

"Il est certain que nous devons désormais le reporter, mais nous réévaluons la possibilité de le tenir", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Mon souhait est que [le successeur de Keir Starmer] assure la continuité de la démarche visant à réinitialiser notre relation avec le Royaume-Uni", a ajouté Antonio Costa.

(Avec Inti Landauro à Bruxelles, version française Benoit Van Overstraeten et Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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